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Le glyphosate est une molécule chimique utilisée dans la composition des herbicides. Pulvérisé chaque année sur des millions d’hectares, c’est le désinfectant le plus vendu et utilisé dans le monde depuis 1974. Associé à d’autres produits, il permet l’élimination des mauvaises herbes des surfaces agricoles, et aide à l’entretien des espaces industriels et urbains. Toutefois, depuis quelques années son utilisation fait de plus en plus de controverses auprès des organismes de la santé. Ses implications dans le développement des cancers et son caractère potentiellement dangereux pour l’environnement font de plus en plus parler. Contrairement aux instances internationales qui tardent encore à trancher sur le retrait définitif de ces produits sur le marché, le Togo lui a bien compris les risques que cela pouvait représenter et c’est décidé à agir pour préserver la santé de sa population.

Un arrêté qui tombe à point

On peut désormais lire sur le portail officiel de la République Togolaise, le communiqué portant l’interdiction d’importer, de commercialiser et d’utiliser le glyphosate ou tout autre produit le contenant sur le territoire togolais. La décision a été officialisée le jeudi 19 Décembre suite à un arrêté de Noel Koutera Bataka, ministre de l’agriculture, de la production animale et halieutique. Ainsi, les populations et exploitants disposent désormais d’un délai de 12 mois pour détruire et cesser toute utilisation des produits déjà présents dans le pays.

Depuis deux ans, le sujet était déjà au cœur des préoccupations politiques. En Avril 2018, des mesures avaient été prises pour interdire l’importation et la commercialisation de l’herbicide total contenant la molécule et de tout autre pesticide sans autorisation de l’Etat. L’arrêté du ministre de l’agriculture vient donc clore ce chapitre une bonne fois pour toutes. C’est une démarche à saluer de la part du gouvernement togolais qui se préoccupe véritablement de la santé de sa population. Un produit qui fait autant de polémiques par rapport à ses effets sur la santé ne devrait plus être en vente quelque part.

Pendant ce temps dans le reste du monde

Les nombreuses recherches et découvertes menées sur le glyphosate n’ont pas empêché la commission européenne d’autoriser en 2017 l’utilisation du glyphosate cinq ans de plus encore. Même la France, éternel moralisateur et défenseur des droits des hommes et de la sécurité des populations, n’a pas hésité à passer outre la volonté de ses habitants pour donner un avis favorable lors des votes. Et pourtant, tout laissait penser que ces produits seraient définitivement interdits de vente. Les citoyens le réclamaient, de nombreuses organisations y compris des associations d’anciens agriculteurs malades, des députés français et européens s’étaient soulevés. Même le scandale des « Monsanto papers » sur les doutes que la société Monsanto elle-même (premier producteur des herbicides à base de glyphosate dans le monde) avait depuis des années sur la qualité de ses propres produits, n’a pas pu faire vaciller ces dirigeants. C’est à croire que les aspirations politiques et économiques sont bien plus importantes que la santé et la volonté même de ces peuples à qui on laisse croire qu’ils sont souverain.  Quel exemple …