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Selon les derniers chiffres européens, le Togo a devancé le Ghana et la Côte d’Ivoire pour devenir le premier exportateur ouest-africain de produits bio vers le Vieux Continent. Depuis plusieurs années, le pays a mis en place une stratégie ambitieuse pour développer la filière du bio de l’agriculture togolaise. Une stratégie qui commence à porter ses fruits, aussi bien sur le marché local qu’à l’export.

Le bio va bon train au Togo 

Les amateurs togolais de produits bios ont de quoi satisfaire leurs besoins. Depuis trois ans maintenant, Lomé dispose de son marché bio, l’Espace Viva. Créé par Aimée Abra Tenou, ce marché rassemble chaque samedi une trentaine d’agriculteurs venus de Lomé, mais aussi de la région maritime et de celle des plateaux. M. Tenou explique à ce sujet : « on a identifié les producteurs qui font de l’agroécologie, qui utilisent des techniques comme la permaculture. On leur rend visite avant de les sélectionner pour qu’ils participent au marché des paysans. On les connait donc très bien, ce sont des personnes engagées depuis très longtemps. Donc nous garantissons le côté agroécologie et permaculture ».

Un peu partout dans le monde, les produits bios coûtent plus chers. Le Togo ne fait malheureusement pas exception, le marché des paysans étant encore réservé à une élite. « Malheureusement, nous n’arrivons pas encore à toucher la classe en dessous de la classe moyenne, parce que quand vous faites du naturel, les prix de revient sont plus élevés que pour le conventionnel, donc le marché des paysans touche finalement la classe moyenne et supérieure, la diaspora réinstallée au pays ou encore les expatriés », explique M. Tenou.

L’UE soutient la filière bio au Togo 

Pour qu’elle atteigne son plein potentiel de développement, l’agriculture bio togolaise a donc besoin de débouchés à l’étranger. C’est désormais chose acquise, puisque le Togo est le premier exportateur ouest-africain de produits bios vers l’Europe. Par ailleurs, le secteur bénéficie du soutien de l’UE et de la coopération allemande. Par exemple, l’Europe a choisi d’aider les transformateurs dans la filière de l’ananas. Pour Isaac Nyuito, chargé de programme à la délégation européenne au Togo, « si nous appuyons les acteurs de la transformation, alors cela va agir sur toute la chaîne de valeur. Donc, nous appuyons es transformateurs dans la démarche qualité, mais également pour obtenir les équipements nécessaires pour pouvoir répondre aux besoins du marché ».