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A cause de l’activité humaine et des émissions de gaz à effet de serre, notre planète se réchauffe de plus en plus. Si ce réchauffement n’était que de +0,85° de 1880 à 2012, depuis ce réchauffement connaît une augmentation qui s’approche d’une courbe exponentielle. Les conséquences de ce changement climatique et du réchauffement ne sont plus à démontrer.

En effet, à l’échelle mondiale, les catastrophes naturelles sont de plus en plus nombreuses. Ce phénomène a de lourdes conséquences sur la production agricole en Afrique et d’après les experts, le continent ne pourra subvenir qu’à 13% des besoins alimentaires de sa population d’ici 2050, si la situation continue sur sa lancée.

Afin de trouver une solution à ces conséquences néfastes, les gouvernements du monde entier se sont entendus pour limiter à 1,5°C la hausse de la température à l’échelle planétaire d’ici 2030. Aujourd’hui, on assiste à un éveil des consciences et à la participation de tout un chacun pour lutter contre ce réchauffement. Parmi ces initiatives, l’utilisation du “charbon vert” pour limiter la déforestation ou l’utilisation de charbon fossile, preuve une fois encore de l’ingéniosité africaine à résoudre des problèmes avec les moyens du bord et ce dans de nombreux pays différents du continent. Zoom sur le développement de cette ressource énergétique et sur les “entrepreneurs verts” d’Afrique :

Le charbon vert au Cameroun

A Douala, au Cameroun, les ressources les plus utilisées pour la cuisine sont le charbon, le pétrole lampant et le bois de mangrove. Tous participent activement à la production de gaz à effet de serre néfastes pour l’environnement mais l’utilisation du bois de mangrove comme combustible met une forte pression anthropique sur ces arbres et a d’autre conséquences néfastes : leur disparition ne leur permet plus de jouer leur rôle de filtre naturel et leurs feuilles n’absorbent plus le CO2 produit par l’activité humaine et industrielle.

Pour pallier à cela, des initiatives louables se sont mises en place comme la production de charbon vert à partir de déchets organiques biodégradables : un tricycle récolte les peaux de bananes, plantain, les rafles et feuilles de maïs et les résidus de canne à sucre dans les marchés de la ville de Douala où ils peuvent être trouvés en grande quantité. Ce sont ainsi environ 1 tonne de déchets chaque jour qui sont récoltés. Et on estime le potentiel de récolte de déchet à environ 30 à 40 tonnes par jour pour la seule ville de Douala qui permettrait de produire une énergie verte.

L’étape suivante consiste à disposer les résidus sur des claies et à les faire sécher pour réduire leur taux d’humidité (au soleil, plus long mais gratuit ou au four électrique, plus rapide). Ils sont ensuite carbonisés (combustion incomplète, identique au procédé de production du charbon), réduits en poudre à laquelle on ajoute un liant puis compactées pour obtenir les briques de charbon vert qui, à leur tour, sont déposées sur des claies au soleil pour obtenir un produit ne contenant que 5% de taux d’humidité, garant de leur efficience énergétique.

Charbon écologique au Mali également

Conscient du problème que pose la déforestation au Mali et pour créer des alternatives énergétiques en ville, une association crée du charbon vert à partir de déchets trouvés dans les décharges à ciel ouvert : papiers, feuilles mortes. Le procédé est le même : combustion incomplète dans des fours, tamisage de la poudre carbonisée et mélange avec de la gomme arabique pour liant. Le but est de changer les habitudes de vie des populations en influant sur la demande. Et cela marche ! Certaine familles témoignent ne plus pouvoir se passer du charbon vert malien qui leur permet de n’utiliser que 3 kilos lorsqu’ils utilisaient, auparavant, 4 à 5 kilos de charbon de bois. De plus, il est vendu moins cher et devrait donc, rapidement, trouver sa place dans les ménages du Mali.

A Bouaké en Côté d’Ivoire, le charbon bio a la côte

Comme dans les pays précédent, ce charbon provient de collecte de déchets organiques. Après séchage ils sont carbonisés, réduits en poudre et mélangés à un liant qui, dans ce cas précis, a été bouilli au préalable. Le mélange est ensuite pressé et séché au soleil. Après la vente, le procédé va plus loin puisque la cendre est réutilisée comme engrais pour les jardins et les plantations.

Et c’est pareil au Sénégal avec le biocombustible !

Le Sénégal est connu pour être un gros consommateur de bois de cuisine. Gros producteur également d’arachide, le village de Ndem a trouvé la solution idéale : broyer les coques d’arachides et les lier à de l’argile pour créer du biocombustible. La production est, à l’instar des autres pays, industrielle : utilisation de broyeurs, bétonnière pour l’agglomération et le séchage se fait au soleil. Vous remarquerez qu’il n’y a pas de combustion ou de carbonisation. On ne peut donc pas à proprement parler de charbon vert mais plutôt de biocombustible encore plus écologique !

Terminons par le Charbon vert au Togo

On en parlait dans un article précédent : n’oublions pas le Togo avec son initiative locale de production de charbon vert par Edouard Akakpo-Lado qui est également l’inventeur d’un foyer écologique et performant et bien d’autres machines utiles au développement agricole et économique du Togo.